A la conquête du sentier du Molokoï !

En perspective depuis maintenant près de trois semaines, le sentier du Molokoï, le plus long aux alentours, c’est-à-dire 18 kms, pouvant se faire en une journée pour les grands marcheurs. On a opté pour la seconde solution, sur deux jours, avec nuit en carbet au milieu de la forêt primaire ! Rendez-vous 9h à Cacao où on rejoins le guide à qui on avait demandé de nous accompagner. On finit de remplir les sacs avec la glacière entière de nourriture qu’il nous donne, et hop, nous voilà partis vers notre point de départ à 25 kms de Cacao. La route est désastreuse (nids de poules en tous genres), mais bizarrement avec le pick-up toyota de Fred (notre guide), la route semble beaucoup moins cahotique qu’avec la corsa ! Petit café avant le départ, histoire de se donner du peps, et en route ! Chacun son sac à dos (assez lourd quand même pour les non initiés que nous sommes), les pieds dans ses chaussures de marche obligatoires, le chemin commence par 2 kms de piste hors forêt où l’on découvre quelques arbustes, fleurs, fruits, dont le « roucou », fruit utilisé par les amérindiens comme pigment (rouge) pour se peindre. Ils enduisent leur corps de ce pigment, la principale raison étant de se protéger du soleil et notamment des UV. On croise aussi une petite colonie de tamarins à mains dorés. Déjà la chaleur se fait sentir, en plein soleil, mais ce n’est rien par rapport à l’entrée dans la forêt. Cette première zone, plutôt marécageuse et humide fait ressortir encore plus qu’ailleurs la lourdeur de l’humidité ambiante. Autant vous dire que nos chemises n’ont mis que quelques minutes pour être trempées ! (quand je dis « trempée », n’imaginez pas la petite trace dans le dos et sous les aisselles que nous connaissons en France, mais imaginez la chemise sans aucun endroit de sec, on a même pu essorer quelques gouttes en les enlevant !). La marche est parfois mouvementée, en raison des arbres qui font pousser leur racines à la surface en forme de boucle pour « respirer » étant donné la pauvreté en minéraux des sols (dû à un rincage trop abondant et un écoulement permanent des minéraux qui ne se fixent presque pas dans la terre sous-jacente), mais aussi en raison des nombreux passages dans la boue, voire dans l’eau. Notre parcours nous ammène dans des zones un peu moins humides, des zones anciennement déforestées, ancienne mine d’orpaillage, mais aussi et surtout dans des zones préservées de la déforestation, où l’on rencontre des arbres multiples centenaires !Exemple cet eben rose au tronc creux. img5389.jpgimg5391.jpgOn se sent vraiment tout petit à côté de ces puissances de la nature. Puissances certe, mais vulnérables aussi par le vent et la tempête, et je vous promet que quand un des grands arbres de la forêt tombe, il en entraine plusieurs sur son passage et laisse une véritable clairière (enfin on dit « chablis » apparament), où la forêt semble ponctuellement ne plus exister.img5408.jpg Ces chutes permettent alors à d’autres arbres de pousser là où la semaine précédentes il y était encore impossible (En pleine forêt, le taux d’ensoleillement est de 4%, chiffre bien trop insuffisant pour permettre la photosynthèse et donc le développement de jeunes arbres). La diversité se joue là : un biotope s’évanouie, un autre se créé. On pourrait presque dire : L’arbre est mort, vive le nouvel arbre ! sauf que le nouvel arbres va mettre quelques décennies à devenir prince et quelques siècles à devenir roi ! Après un déjeuner au beau milieu de la forêt, près d’une petite source, et à nouveau quelques heures de marche, nous voilà arrivés à notre point de couchage, toute petite zone déboisée où on été construit deux carbets, un pour y manger près du feu, l’autre pour y dormir, en hamac, ça va de soi ! img5454.jpgFred nous prépare le feu et notre repas pendant que nous installons maladroitement nos hamacs. Ensuite, on profite du reste de jour pour se baigner et se savonner dans le tout petit ruisseau à 15 mètres du carbet. L’eau y est fraîche, et un peu poissonneuse, c’est un vrai plaisir de s’enduire d’eau après une journée d’efforts où aucune des parties de notre corps n’a échappé au torrent de sueur dont nous avons été victime. Vient l’apéro : ti’punch oblige et le repas prévu par Fred : un régal !img5446.jpg Tout ça à des kilomètres du plus proche humain, au beau milieu de ce qu’appelait autrefois les colons « l’enfert vert » ! La pollution lumineuse y est nulle et de ce fait le ciel étoilé comme jamais en métropole : splendide ! La nuit est un peu fraîche, mais tanpis, le sommeil l’emporte ! Le soleil nous réveil vers 6h30, le temps de ranger nos affaires et de prendre un copieux petit déjeuner, la marche reprend par une énorme côte ! 15 minutes de montée, et nos corps sont à nouveaux salés ! l’humidité ambiante se fait ressentir plus que jamais et l’eau se boit à flot ! Le reste du sentier nous emmène dans une forêt plutôt préservée et magnifique de diversité !img5436.jpg Seul bémol, mais on s’en doutais, l’observation de la faune y est limitée. Hormis quelques crapauds feuille,img5420.jpg lézards,img5431.jpg araignées,img5434.jpg fourmis, rien à réellement se mettre sous la dent, excepté les traces de tatous ou de cochons bois et un très léger fond sonore de singes hurleurs. Une éclaircie dans ce pauvre tableau, 10 secondes d’observation imprécise de singes éloignés entre quelques feuilles : atèles ? capucins ? sakés ? nous ne le saurons jamais, on va dire « capucins » car c’était l’hypothèse de Fred, donc je luis fais confiance ! Après 4h30 de suée, l’arrivée à Cacao nous soulage tout de même nos épaules épuisées. Nous sommes attendus pour manger, aujourd’hui spécialité « Hmong » (ethnie de guyane, originaire du Laos, donc spécialité asiatique !). Encore un repas avec, à la fin, la panse bien tendue, ca fait du bien après toutes ces calories perdues ! Au final, 18 kms de randonnée dans les jambes et sur les épaules en totale immersion dans un décor majestueux et des conditions climatiques qui nous auront donné à coup sûr la suée de notre vie !img5465.jpg Vivement qu’on le refasse, cette fois-ci sans guide et avec Clarence, la malheureuse absente de cette enrichissante expérience…

 


2 commentaires

  1. Xav dit :

    Sans rigoler, on dit vraiment « chabbit » ?? lol
    Super expérience, tu m’as fait rêver avec ton récit… dommage que vous n’ayiez pas vu de nombreux animaux extraordinaires, et que clarence n’aie pas été là.
    Je vous souhaite encore plein d’aventures comme celle la !!
    Xav

  2. olivier couret dit :

    salut Mr Peco,

    et oui un petit mot du president, et bien pour le moment j essaie de faire face à la tache… Reprise de la saison bientot comme tu le sais.

    Du cote de ton blog tres belle experience que tu nous fais partager a travers tes recits et photos tres interessantes.

    Bravo et a bientot

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